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Les enfants cachés de Ulk

Nous avons reçu de nombreux courriers de nos lecteurs du monde entier, nous suppliant de ne pas les faire languir plus. Alors soit, puis que vous vous êtes coiffés ce matin voici la suite. Nous en étions à:

“Devenir des grands en somme.

Des grands cons ajouteront certains d’entre vous, à juste titre. Mais ça on n’y peut plus rien, notre éducation et la vie nous a fait comme ça. ”

Voici la suite (j’en profite pour dire à ceux qui n’ont pas lu le précédent article qu’il est conseillé de le faire sinon vous ne comprendrez pas ce qu’il se passe et en plus vous avez raté de nombreuses photos de qualité (ce qui ne sera pas le cas ici)).

L’idée est de trouver un palliatif économique à Ulk. Pas gagné, surtout avec le mini-budget que nous avons.

 Une camionnette est chère, et engendre de nombreux frais (essence, prix des traversées…). Comment font-ils ces asiates que nous croisons depuis des semaines quand ils n’ont pas hérité d’une tantine fortunée ? Simple, ils se déplacent en deux-roues.

Une enquête s’impose. Une SW(sans OT) analysis même

Points positifs :

-        au max ça coûte 500€,

-        c’est plus économique que les transports locaux, et ça va dans plus d’endroits,

-        la vitesse est la même que les bus si on roule comme des papys, ce qui risque d’arriver,

-        ça passe sur presque toute les routes et tous les bateaux et nous permettrait d’aller jusqu’au Cambodge, voire en Inde.

-        en entretien ça ne vaut rien, un moteur se change pour 50 €

Points négatifs

-        On va avoir plein de  moustiques collés aux dents

-        Plus sérieusement c’est des mobs, donc plus dangereux que les transports en commun (quoique)

-        On est en bas de la chaîne alimentaire automobile (ici plus t’es gros plus t’as raison), donc nous devrons faire preuve d’humilité : oublier nos rudiments de code de la route (la priorité à droite est remplacée par la priorité au plus gros que toi),

-        Nous sommes et allons rester un peu en Asie, donc il est probable qu’on se prenne une bonne douche de temps en temps !

-        On risque de tomber en rade (il nous faudra donc nous munir d’une corde pour tracter l’autre si besoin)

C’est en résumé le fruit de nos réflexions, en très résumé.

Bref. Le monde est joli, sortons des chemins battus.

 Et rien que d’essayer de mettre en place ce plan ce n’est une aventure pas piquée des hannetons.

Plusieurs critères entrent en compte, comme, le type de mob et donc le look qu’on aura (je vous rappelle que nous sommes les ambassadeurs de la France et qu’on ne peut pas se permettre de ressembler à des pécores), les démarches administratives liées (assurance, la registration qui est l’équivalent de l’obtention de notre carte grise et voir si il n’y pas d’autres trucs spécifiques à ce pays sympathique), notre itinéraire, les démarches frontalières, la possibilité de passer d’un pays à l’autre sans trop lutter, la négociation des machines avec les gars du cru… Bref un joli programme qui mélangé à la facilité étonnante pour obtenir des informations dans ce bled, promet des gros fous-rires !!

 Et il y’en aura, ça j’en mettrais mon auriculaire de pied à couper !!

Sans flipper du tout pour le susdit.

Nous nous lançons.

Seul je pense que nous aurions laissé tomber. Heureusement Jack, surnommé Crazy Uncle Jack, est là.

D’abord voir si ça se trouve facilement dans notre budget et notre environnement géographique – et pour ça on a placé la barre haute vu que nous sommes dans un coin peu habité.

Un jour il faudra vraiment qu’on cause à notre truand de psy de cette propension naturelle que nous avons tous deux, à aimer les plans compliqués.

Bon, donc non ça ne se pas trouve  facilement. Il parait que ça dépend des moments, là ce n’est pas le moment. Mais comme on à le derrière couronné de coquillettes, on trouve. Un chouia au dessus de notre budget d’autant qu’il faut les arranger un peu pour qu’ils ne nous pètent pas dans les mains tout de suite, et qu’ils soient capables de trimballer nos sac à dos de belle taille (oui Papy, je sais, de ton temps c’était autre chose que ça un sac à dos…), et le reste.

Donc négociation, et on tombe d’accord sur un prix. Incluant tout ce dont on a besoin.

Ça c’est fait.

Avant de faire affaire nous allons enquêter sur les démarches administratives, leur coût, ainsi que sur les assurances.

L‘assurance d’abord :

Il y a un courtier Axa à deux mètres de chez Jack l’oncle fou. En tout cas un panneau chic le signale. Premier étage, un autre panneau, au milieu de quelques affiches pour un club de Jiu-jitsu, de MMA et de divers arts martiaux. A côté une porte sur laquelle ne figurent que des affichettes d’arts martiaux… Bon, on essaye et on sonne. Pas de réponse, il est 14h15 ils n’ouvrent qu’à 14h. Repassons plus tard. Nous retournons à notre backpacker. Jack est là, il dit un truc du genre « comment, pas de réponse, ça m’interpelle, allons-y ensemble !!! » (il a du coffre et ne parle pas vraiment ce Jack, il crie, mais à l’Asiatique- faudra que je me penche sur un façon de bien vous faire comprendre à quoi ça ressemble, mais pas maintenant ça serait encore un digression, et je sais que si il y a trop de digressions vous décrochez parce que ça devient trop compliqué (alors qu’avec un peu d’attention, mais bon..))

Donc nous y retournons !

En montant les escaliers il rencontre un gars qu’il connait qui se trouve être – oh magie des rencontres inopinées !! – le gérant de la salle de sports de combat. Echange de trucs en Malaisien, et on rentre dans la salle de sport, sans savoir pourquoi, mais c’est chouette, Claire se prend pour Randy Couture (google les gars !) en sautillant sur place pour me mettre des coups de poings pour de faux, parce qu’en fait elle m’aime bien.

Surgit un petit gars chétif en costume (ça vous semble banal mais ça ne courre pas les rues) qui vient de s’extraire d’un cagibi où il nous invite à entrer. C’est climatisé comme le compartiment à glaçon de votre frigo.

C’est Axa !

Comme les affichettes de l’entrée. Son bureau est entouré par la salle de sport.

Je vous épargne les détails c’est un peu cher parce qu’il ne vend que des assurances à l’année, mais pas tant que ça parce qu’on peut se faire rembourser ce qui n’est pas utilisé.

Donc ça c’est fait aussi.

Reste la partie administration gouvernementale qu’on s’est gardé pour la bonne bouche. Nous n’avons aucune idée de comment ça s’appelle (Jack est parti vaquer à ses affaires) aussi nous dirigeons-nous vers l’office du tourisme, ou une dame voilée mais pas farouche nous sourit à fond, nous aide, appelle le gouvernement pour nous (en fait le JPJ qui est le service approprié) lui passe Claire, qui explique notre cas. C’est administratif donc, on la transfère à quelqu’un d’autre. C’est administratif mais pas français, donc la seconde personne est la bonne. Et nous obtenons l’info souhaitée, youpi. En fait l’info est incorrecte, et devinez pourquoi ?

Oui gagné c’est administratif. Mais ça ira quand même.

Allons faire affaire.

Et là messieurs z’et mesdames : Patrick Sébastien (google pour ceux qui auraient eu la chance d’y échapper), Céline Dion à Las Vegas (elle me manquait), notre précédent président et tant d’autres gominés et clinquants, peuvent aller se ranger dans la boite de naphtaline d’où ils n’auraient pas du sortir si longtemps (oui un peu c’est suffisant pour rigoler un peu mais après ça devient pénible)… quoi je digresse ?

Encore ?

C’est pour faire monter le suspens.

Et aussi pour me permettre de trouver les mots pour le dire, c’est un gros morceau et j’aimerai que vous en suciez toute la saveur.

Allons faire l’affaire donc.

Nous retournons chez le marchand, qui ne parle pas la langue de Shakespeare, des clients costumés (dis-donc c’est la journée des costars !) gentiment nous interprètent. On file nos passeports pour qu’il les scanne avant toute autre chose. Ça c’est facile.

Puis on discute du mode de règlement. En deux fois, ça on est d’accord. Le solde est avant qu’on parte faire les papiers pour le vendeur, après pour nous. Il a peur qu’on l’escroque et c’est réciproque. Chacun avance ses arguments avec trois mots de langage commun. En même temps nous est demandée notre adresse de résidence en Malaisie, c’est chez Jack, mais on ne la connait pas, pas grave en attendant que ça s’arrange discutons modalités. De paiement et de répartition des machines. La rouge est sport, donc ils veulent me l’attribuer, alors que l’autre est bleue et plus rustique. On dit non c’est le contraire, la Porsche pour la fille, le tracteur pour le mec. On se marre tous parce que c’est incohérent mais ça n’avance pas et nos costard doivent partir, ils ne voulaient qu’un cadenas les pauvre. Le marchand appelle Jack, qui vient, ses affaires ne devaient pas être trop compliquées.

Et en voyant la suite je comprends que les affaires ne soient pas très compliquées.

Jack déboule avec sa trogne sympa. Nous étions restés dans nos négociations à on te verse un acompte maintenant, et le reste une fois que les papiers sont faits, ce qui n’avait pas l’air de lui convenir. Jack jacte en Malaisien, puis s’adresse à nous en anglais pour nous dire qu’il connait bien le gars et que le business appartient à son oncle qui est un bloody old guy et que, puis commence une explication sur l’assurance qu’il interrompt quand ça devient intéressant (mais nous n’aurons pas l’info maintenant) pour interpeller le vendeur avec qui il échange encore, pendant que celui-ci vérifie l’axe d’une roue de vélo passablement oxydée et à laquelle manque un rayon, revient pour nous dire que le scooter numéro un que nous avons se trouve partout en Asie et que pour les pièces détachées c’est du gâteau, s’interrompt à nouveau pour appeler un assureur, en parlant en anglais et malaisien en me collant les papiers des véhicules dans les mains en me disant « hold this » puis hèle le vendeur qui s’est un peu éloigné, revient à sa conversation téléphonique, lève un pouce dans notre direction on ne sait pas vraiment ce que ça signifie, raccroche nous dit que les vieux Chinois riches sont comme ça, chiants et que ça l’énerve mais qu’on y peut rien, parle au vendeur on ne sait pas de quoi mais ça le fait agir, finit sa phrase en nous expliquant que l’assurance des scooters est payée par le précédent propriétaire et que du coup on peut faire le transfert de nom pour 5 ringgits par personne. On ne sait toujours pas bien ce que ça implique. En même temps il négocie avec le vendeur qu’on puisse partir avec le scooter numéro un (va falloir qu’on leur donne des noms encore ! ça sera plus simple), vendeur qui hèle un de ses employés pour qu’il fasse les trucs à faire, pendant que Jack demande un reçu pour l’acompte, pour cela le vendeur missionne une fille à la caisse qui ne comprend pas, Jack lui explique, Claire participe en essayant d’éclairer sa lanterne, la fille rit en se cachant les dents, et en parlant à l’autre fille qui fait semblant de ne pas entendre, pendant que le vendeur sort des pièces détachées pour nous qu’il donne à son employé en parlant avec Jack et en appelant son tonton pour savoir si il peut nous laisser partir avec un scooter ou pas vu qu’on a payé un acompte de sa valeur, on obtient un reçu, l’employé à fini la vidange et désossé le scooter, les filles rient dans la boutique, Jack parle de pneus, puis d’autres trucs au vendeur, des pouces se lèvent, ….

Pause, oui moi je regarde en fumant des clopes pendant ce temps. Et Jack m’explique enfin que nous n’aurons pas à payer l’assurance à part les 10 ringgits. Cool ça c’est compris. Puis il me donne les clés de son scooter… pour que j’aille chercher deux casques au packpacker, car c’est bon on peut se barrer avec le scooter (désossé, je vous rappelle, ah non, c’est remonté, ils sont forts !)

Je vous épargne les rebondissements, mais ça reste du même bois qu’au dessus.

Pendant ce temps, l’employé s’emploie à finir de faire du bien à notre scoot 1, pendant que nous mettons en place un moyen pour récupérer le second. A quelle heure veut-on venir le prendre demain ?

9h-9h30 si ça va ?

Très bien.

Concrètement demain on vient à cette heure là, on paye le solde, on va au GPG pour faire la carte grise locales. Sauf que non parce que cela implique que l’assurance soit à notre nom, donc on passe par l’assurance avant de venir payer, ah non en fait le tonton acariâtre le fera lui-même, parce que c’est mieux, ok donc on vient le matin ça sera fait et on part faire les papiers, non les papiers seront faits maintenant, mais pas par nous, ok donc on n’a rien à faire à part se pointer ? C’est ça, mais par contre pour l’heure le tonton appellera son neveu le vendeur qui appellera Jack et nous nous pointerons pour reprendre le processus normal.

L’administration ici ce n’est vraiment pas comme cheu nous !

Un garde souriant à l’entrée qui t’accueille gentiment, cinq guichets –ouverts, personne qui n’attend, des personnes efficaces et consciencieuses. Merci, nous voilà propriétaires de deux scooters dernier cri (ou presque).

blog-scoots.jpg

Voilà c’est fait, nous venons de faire 3 heures de route sur l’île, demain à nous la forêt équatoriale !

Mercredi 16 janvier,

Le réveil nous réveille à 7h30, la journée va être différente.

Notre bateau part de Labuan à 10h30 et clôturera ainsi notre séjour d’une semaine dans l’île du pêché.

 

PS: Nous sommes parti il y a deux jours maintenant, et sommes à la frontière du Brunei, tout va bien soyez en sûrs!

Filed by aureletclairevoyagent at janvier 17th, 2013 under Malaisie - Bornéo, Là c'est du concret, la route

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