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Sus(ce) au Brunei !

Quelques faits avant d’entrer dans le vif du sujet : Le Brunei, c’est quoi ?

Un pays, un sultanat si l’on veut être précis, enclavé dans la Malaisie de Bornéo, donc au Nord, en plein centre. Un tout petit pays dans le genre Andorre ou Monaco, mais pas t’afait pareil quand même. Déjà, ses frontières laissent quelque peu à désirer : Pour faire compliqué, ils se sont établis en deux endroits distincts, séparés par un bras de Malaisie. Donc quand on vient de l’Est (comme nous) et qu’on veut rejoindre l’Ouest du Brunei, on passe par une première frontière Malaisie/Brunei, on fait 25 bornes, on ressort du Brunei pour re-rentrer en Malaisie, on fait 25 bornes, et on sort encore une fois de la Malaisie pour rentrer au Brunei. Donc si un jour vous voulez entrer au Brunei par la route, pensez à vérifier que vous avez des pages de libres sur votre passeport, parce qu’ils tamponnent une bonne dizaine de fois, les bougres !

Ensuite, si vous voulez discuter avec les locaux, ils ont fait simple : Il faut parler Malais. Mais par contre, leur monnaie n’est pas la même, bien qu’elle ressemble trait pour trait aux Ringgits.  Même couleur pour les billets, même système anti fausse monnaie, mais pas même cours, oh non, non, loin de là ! Car le Brunei est riiiiche ! Donc deuxième conseil : Quand vous réglez vos achats avec des Brunei Dollars, faites bien attention de ne pas vous faire refiler des Ringgits quand on vous rend la monnaie, vous y perdiez au change !

Niveau paysages, le Brunei a fait les choses bien : Les plantations de palmes pour récolter la précieuse huile si bonne pour notre santé à tous sont bannies dès la frontière. C’est une tragédie pour Bornéo, la foret disparait au profit de cette agriculture intensive peu scrupuleuse pour l’environnement. Mais c’est une autre histoire. De plus, ce pays jouit d’un opulent réseau fluvial qu’il sait préserver et utiliser à bon escient : C’est souvent plus simple de se déplacer par l’eau que par la route.

Et puis last but not least : Les habitants du Brunei, que nous appellerons grossièrement les Brunéiens sans savoir si ça se dit vraiment, sont très musulmans. Genre les Malaisiennes sont des filles de joies à côté des Brunéiennes. Du coup, inutile de parler de Mariage pour tous au Brunei. Si quelqu’un est suspecté d’être homo (ils considèrent qu’une boucle d’oreille sur un homme est une suspicion  d’homosexualité), il se prend des coups de canne et de la prison ferme. Tout un poème.

Les hétéros ont également intérêt à se tenir à carreau. Interdiction de se tenir la main au Brunei. Alors je ne vous parle pas d’un bisou sur la bouche !

Autre fait intéressant lié à la religion : La vente d’alcool est interdite. Oui, vous avez bien lu, c’est la prohibition par chez eux, pas d’alcool du tout, pas de bière, pas de cidre, pas de jus de poire qui a tourné. Et pour trouver des clopes, il faut avoir des connexions.

Bah alors, on n’est pas bien en France ?

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Voilà les infos qu’on a pu glaner à Labuan durant notre (merveilleuse) semaine chez Jack pendant qu’on essayait d’acheter nos mobs. Car nous voyions les touristes aller et venir du Brunei, et chacun y allait de sa petite anecdote cocasse d’interdiction Brunéienne. Nous sommes donc partis là-bas avec pas mal d’à priori, je l’avoue.

Nous avons choisi de nous établir à Limbang, qui est en Malaisie-coincée-entre-les-deux-Brunei  de façon à être dans un endroit accessible financièrement (le moindre lit coûte une  blinde au Brunei), et dans un endroit accessible Brunéiment. A l’Ouest, la capitale, Bandar Seri Begawan, à l’Est, le National Park de Temburong et ses bleds limitrophes. Nous avions prévu de passer une journée à l’Ouest et une journée à l’Est. Il s’avère qu’il est plus rapide et moins onéreux d’aller à l’Est et de prendre un bateau pour aller à l’Ouest. Soit. Rendez-vous demain matin à Bangar pour prendre un speed boat pour BSB !

Speed boat est vraiment un nom bien choisi : Le bateau trace. Le paysage est sublime. Nous zigzaguons dans les bras du fleuve au milieu de la rain forest  et des palmiers pour rejoindre la capitale. Trajet merveilleux de 45 minutes dans la lumière matinale. Puis débarquement.

Ils ne sont pas beaucoup non plus à BSB. Et ça se voit tout de suite. Le centre-ville ressemble en superficie à celui de Rouen, avec une Mosquée à la place de la cathédrale. Enfin. Une mosquée. Nous comptons 5 mosquées en faisant un rapide 360° sur nous. Il est 11h30. Nous nous mettons en route pour découvrir cette ville.

Bon, je l’avoue, nous n’avons pas non plus été hyper malins. Parce qu’à cette heure-ci, en Malaisie, il fait un bon 33°C. Eh bien au Brunei, allez savoir pourquoi, il fait plus !  Nous nous dirigeons vers la Mosquée la plus remarquable et pour cause : On dirait une fausse tellement elle est propre et belle. Nous entrons dans l’enceinte, observons le panneau interdisant l’entrée  de la mosquée aux non musulmans sauf certains jours entre 16h30 et 17h, nous faisons chasser par un type qui veut bien être sûr qu’on a compris qu’on ne rentrera pas, puis contournons le bâtiment pour avoir notre lot de consolation : admirer l’édifice de l’extérieur. C’est déjà mieux que rien. Là, Aurel rencontre l’homme préposé au nettoyage de la petite fontaine décorative. Il lui explique que déjà nous sommes Vendredi, et que le Vendredi, c’est ravioli pour les musulmans. Ensuite, nous sommes actuellement dans une phase religieuse intensive. Et en plus, la famille du sultan débarque dans quelques heures pour prier avec ses sujets.  Ah, d’accord ! Et sinon, il y a quoi à voir à BSB ? Eh bien il y a la mosquée du père de celui qui a fait cette mosquée-ci, et sinon vous avez le centre commercial !

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Bon… Allons voir le mignon petit village sur pilotis qui se présente face à nous.

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Elle est où, la maison du sultan ? Peut-être pourrions-nous passer lui faire une bise avant la prière ? Il parait que c’est par là. Allons voir.

C’est à peu près à ce moment-là que ça a dérapé. Ne sachant pas où nous allions, nous avons marché sous la chaleur qui se faisait de plus en plus pressante. Dix minutes plus tard, nous étions desséchés comme des crevettes. Nous avons voulu retourner dans le centre en prenant un chemin qui semblait y mener et nous sommes finalement retrouvés dans un cul de sac : Une mosquée (tiens-donc !).

Quand tout à coup, appel à la prière de toutes parts. Ca hurle dans tous les sens. Bon, le mieux est de rebrousser chemin. Nous repassons par le village mignon sur pilotis et revenons à notre point de départ : la grande mosquée des 1001 nuits.

Sauf que depuis, il s’est opéré quelques changements : Tout le Brunei est dedans. Enfin. Tout le Brunei. Tous les mâles sont là. Pas de trace de femelle Brunéienne. Ceux qui n’y sont pas encore se dépêchent d’y aller.  Le mec dans le mirador hurle de plus belle. La mosquée dégueule de monde, il y en a jusque sur le parvis. Nous observons cela d’un œil amusé mais quelque peu déshydraté. Quand tout à coup, l’escorte de la famille sultane débarque. Ca y est, les festivités vont commencer. Mais nous n’avons pas le droit d’être là.

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Il fait très soif, nous rêvons d’un Thé C Sejuk et d’un Thé O Cosson Sejuk, allons vite trouver un rad où boire un coup… Sauf que nous avons oublié que tout le Brunei est à la mosquée. Enfin la moitié, vu qu’il n’y a que les hommes. Donc à priori cela laisse une opportunité pour nous…

C’était mal connaître la religion que de penser une telle chose : Les femmes et les enfants sont bien à la maison, c’est-à-dire à leur place. Seulement, ils y restent. Les rues sont vides. Plus de circulation, plus de piétons, les magasins sont tous fermés, plus de vie et il est 13h. Une boule d’épine passe au loin. Un chien hurle à la mort. Une boite de conserve tombe d’un tas de poubelles dans une impasse déserte. C’en est trop pour notre mentalité française contestatrice et frigorifiée : Barrons nous de cet endroit. Nous trouvons heureusement refuge dans un petit resto à côté de la jetée où nous avons débarqué pour boire 7 litres d’eau chacun, et nous prenons un bateau retour pour Bangar. Le trajet est toujours aussi joli.

Du coup, il est tôt ! Pourquoi ne pas visiter le parc national cet après-midi ? Nous enfourchons Perceval (la mob d’Aurel) et nous dirigeons vers la direction indicatrice. Une dizaine de kilomètres plus loin, c’est la déception : Plus de route. Le seul moyen d’aller au parc est de prendre un promène-couillon qui coûte un bras. Et puis de toute façon il est trop tard. Et il va pleuvoir. Bon. Barrons-nous de ce pays.

Nous avons passé une super journée. Non mais c’est vrai en plus ! C’est toujours bien de découvrir de nouvelles façons de vivre et de penser ! Et puis inutile de faire de l’extrémisme de l’autre extrême, les Brunéiens ont l’air de vivre très heureux. Et moi, je suis bien contente d’être Française quand je vois dans quel genre de pays j’aurais pu naître.

Filed by aureletclairevoyagent at janvier 19th, 2013 under Brunei, Là c'est du concret, la route

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