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Considérations bucoliques dans les bois

Salut les pépés!

Nous vous avons manqué? Vous nous manquez!

Internet est présent dans notre hôtel (chinois, merci les chinois!) de Lahad Datu grosse ville au Sud-est de Bornéo (côté Malaisien toujours) donc je profite de l’occasion pour rattraper le retard (avec une pensée spéciale pour Monique qui piaffait un peu. Tu vas en avoir de la lecture belle-maman, c’est cadeau!):

Samedi 18 janvier donc, nous sortons du Brunei.

Retour en terre pauvre.

Nous repartons de Limbang après avoir envisagé de nous rendre à Muru, où il y a des grottes et des volcans d’où sortent des millions de chauves-souris à la nuit tombante. Mais pour y aller, tintin en mob. Il ya bien une piste mais elle est en terre et il parait qu’à part les rois du moto-cross le plus sage est de prendre un bateau attrape-couillons.

Donc non, on est peut-être des couillons mais on a notre fierté. Et notre budget bien à nous.

Alors nous avons décidé qu’il était temps de quitter le Bornéo Malaisien pour aller se frotter au Bornéo Indonésien. Pour cela nous devons repasser par KK où se trouve un consulat Indonésien qui sera, si Dieu de l’administration le veut, à même de nous délivrer un document connu du grand public sous le nom de visa.

La chevauchée fantastique continue, on retraverse le Brunei, la frontière Sarawak-Sabah. On retrouve notre hôtel chinois de Beaufort en passant devant la ville de Weston, on y dort on repart pour KK le lendemain matin. Là ça se corse. Oh rien de grave, mon pneu arrière qui fait sa tafiole et se dégonfle régulièrement mais sûrement, et bien sûr on est dimanche. On gonfle, on repart et bien sûr il se met à pleuvoir. Bien comme il faut. On s’abri-busse, on repart, on s’arrête pour regonfler, puis pour s’abriter, puis pour regonfler, on rigole bien.

Si, vraiment.

Et nous revoilà à KK. Où nous resterons deux jours pour préparer notre visa, manger des nouilles, des photos de coucher de soleil avec les touristes et faire des plans sur notre avenir proche.

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mercredi 23 janvier 2013

Nous voulions partir tôt pour éviter la canicule.

Dans l’os! Le visa n’est disponible qu’à 11 heures. Mais la journée sera rien chouette, regardez voir :

Nous visons la ville de Tawau, officiellement à 555km de là (ou 678 ou 768 selon les sources et les panneaux routiers), mais pas fous nous ferons des haltes. D’abord pour voir le paysage qui est grandiose, imaginez, nous allons traverser la chaîne montagneuse du Mont Kinabalu (4095 mètres de haut).

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Puis parce qu’on à le temps et que 11 heures de mob d’une traite, faut pas pousser mémé dans les orties…

Puis y’a des jolies routes au bord de jolis paysages, nous roulons à une vitesse réduite encore par les montées (les mobs freinent pour mieux voir le décor) et les descentes (là c’est Claire qui à les miquettes). On en prend plein les yeux, la température perd 10°, il fait enfin frais. Et on continue à en prendre plein la vue. Et on a faim alors, ayant vu du feu sur le bord de la route on s’arrête.

Et coup de bol on tombe sur des chrétiens en train de faire griller des cochons sous un abri en bois. Ils nous en servent un demi-kilo, c’est un festival des papilles. Le couple doit avoir la trentaine, ils jouent aux cartes en se marrant, ils sont vivants et ça fait du bien.

Lui, hilare tout le temps nous parle, en mettant des « la » à la fin de chaque phrase : « c’est du cochonla » « vous venez de Francela ? » « vous voulez du vin de Sabahla »

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Oui il nous propose de picoler. On accepte une goutte. Popopop… pas trop, on doit conduire encore 40 bornes sur une route de montagne. Ça sent un peu le vinaigre façon Coconut wine, mais en pas pareil, plus doux. Plus violent aussi, ça doit bien taper dans les 20°. C’est de l’alcool de riz et c’est bon aussi. Le gars et la fille jouent aux cartes et rigolent bien.

Puis ils nous parlent, lui surtout, elle lui trouve les mots qu’il ne connait pas. Il nous explique qu’ici il ya plein de cathos, et que c’est cool parce qu’on peut manger du cochon, boire de l’alcool de riz mais pas que. Il aime bien la bière et le whisky aussi, et que si on veut boire plein d’alcool de riz avec eux on peut. Et que même si on ne peut pas conduire, il nous invite chez lui, qu’il a même une super télé avec les chaines du monde entier et même de l’Europe !!

Proposition alléchante, mais nous préférons reprendre la route, parce que en plus il essaye de nous resservir de son alcool de riz toute les 2 minutes… Alors nous repartons et nous arrivons à Ranau, petite ville des montagnes.

Et c’est chouette.

Peut-être la plus chouette ville que nous ayons rencontrée depuis notre arrivée en Malaisie. Car oui Ranau se rencontre, les gens discutent, sourient, engagent des conversations et en plus ils ont un super marché où nous testons : du poulet rôti (à propos, Roti c’est du pain genre Nan, Air veut dire Eau, et se dit Angin, faut faire gaffe ici), et des trucs bizarres. Du pudding violet au goût inidentifiable, un jus vert aux perles de riz et au goût de petit pois, et des rondelles de saucisses).

Un petit alcool de riz, et hop, dodo.

Enfin ça c’est ce qu’on croyait.

Car les rois du karaoké sont de retour, et entre deux chansons ils mettent de la musique à fond.

Et entre-temps, dans les couloirs, des gens s’interpellent, discutent. En gueulant, parler ne faisant pas partie de leurs options. Un gars (je l’espère) se racle la gorge et crache, à un rythme régulier, toute les 20 minutes…

Et ça s’éternise, puis se calme, ah ! Dodo disions-nous. Il doit être trois heures, ça nous laisse le temps de faire une vraie nuit. Donc on se rendort.

Enfin ça c’est ce qu’on croyait, car tout à coup des voix, des rigolades, des gueulantes envahissent notre chambre. Et ça dure, là un peu tendu, et tout nu, je vais à la porte que j’ouvre et tombe nez à nez avec trois lascars, hilares. Je leur signifie avec mon vocabulaire du réveil que « merde ça suffit ! que là ça commence à faire » en faisant « chuut » Le silence s’installe, oh pas immédiatement mais assez vite. Il est 5h20.

C’est donc dans un état de fraîcheur rappelant vaguement un discours politique que nous émergeons vers 10h, avec une mission : trouver des sangles. Oui des sangles, vous savez ce que c’est vous. Ben ici non, nous cherchons depuis plusieurs jours, écumons les magasins de bricolage, de moto, les grandes surfaces et bien croyez-moi si vous le voulez : nib ! Tintin ! Pas un ersatz de piste. Personne ne sait de quoi on parle. Mais, Ranau, cette petit ville des montagnes à un je-ne-sais-quoi de prometteur. Ici ils sont moins neuneus, forcément des gars de la campagne, ça doit utiliser des trucs comme ça. Un dame déjà a vu de quoi l’on parlait, ça sent bon pour nos pommes ça !

Oui, vous vous demandez pourquoi je vous parle de notre sainte quête des sangles ? Et pas de trucs plus pittoresques. C’est simple, d’abord parce que le pittoresque est principalement visuel et olfactif et que donc bon. Ensuite, parce qu’au-delà du voyage à proprement dit, il est important de sortir des sentiers battus en allant rencontrer des quincailliers. Et enfin parce que tel est mon bon vouloir et que si ça vous pompe, vous pouvez aussi bien retourner devant votre poste de tévé.

Donc c’est la tête bien rangée dans nos derrières (respectifs évidemment) que nous partons en chasse.

Ah non il fait chaud et aussi faim, donc partons chez l’indien pour nourrir ces corps que la science et la NASA nous envient avec un bon roti tellur (pain à l’œuf), puis seulement après allons à la rencontre de notre destin sanglien.

On le sent, c’est pour aujourd’hui. Et ça l’est. Trop facile, on tombe dessus direct (chez un autre indien mais qui exerce celui-ci le noble métier de marchand de couleurs et non celui, non moins noble de restaurateur). Ça c’est bouclé, emplissons maintenant nos fières montures de carburant sans plomb, notre bouteille d’eau, nos sacs de culottes propres et taillons la route, objectif un point sur la carte à environ 150 kilomètres de là.

Le point sur la carte ne sera pas une ville et nous ferons en fait 200 bornes (198 pour être honnête et faire plaisir aux polytechniciens qui nous lisent), sans moufter et pourtant y’aurait eu de quoi.

D’abord la route de montagne et ses lacets, c’est toujours extrêmement beau, alternance de jungle et de plantations, une rivière noble ondule entre les vallées chantantes, même Claire et son cœur en caillou veut s’arrêter pour en prendre plein ses jolies mirettes vertes.

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Puis nous arrivons dans la vallée. Dans un bled avec un nom rigolo alors je vous le donne : Telupit.

Le nom est chouette, le déjeuner que nous y prenons également. A côté de ça vous imaginez Annemasse en cent fois plus petit. Notre arrivée à laissé tout le monde sans voix, mais sur tous les visages, même les plus impassibles se lisait en gros ceci :

« Bigre, quel est donc cette engeance, et par Thor et Odin, que viennent-ils traîner leurs savates en ces lieux ? »

Nous étions contents d’avoir acquis le vocabulaire nécessaire pour commander notre déjeuner, car oui, vous avez compris.

Et la calculatrice du restau servira d’interprète pour nous communiquer le prix de notre festin de vermicelles.

Et ça, en s’éloignant des coins touristique, va se reproduire.

Reprenons la route qui cesse de tortiller et laisse place à des grandes lignes presque droites, ce qui nous promet une arrivée rapide au point sur la carte qui ne nous servira pas.

C’est ce qu’on croyait.

La route est certes plus ou moins linéaire, et à partir de Telupit c’est même une voie rapide, bordée consciencieusement à droite et à gauche par des vastes plantations de palmiers à huile. Joli il est vrai, mais triste pour feue la forêt tropicale qui y régnait en somptueuse maîtresse il y a peu.

Et cette voie rapide est utilisée. Il y a pas mal de trafic, et notamment une belle quantité de camions. Et au final la voie rapide ne l’est plus trop, des trous la décorent, les voitures zigzaguent pour les éviter, nous itou. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on dépassera la 50 km/h de moyenne… Mais ce n’est pas plus mal vu que le paysage est joli et qu’on n’a pas trop le choix si on tient à nos os.

Puis on arrive au point sur la carte. C’est mimi tout plein mais il n’y a aucun signe de vie, et encore moins d’habitation. Continuons, en croisant les doigts pour que l’on puisse se ravitailler en essence, nos réservoirs de 3 litres nous permettant de parcourir environ 150 bornes à vitesse soutenue, et il s’avère qu’on peut tenir facile 170 en roulant très pépère. Mais la prochaine ville est indiquée à 50 km, et pas de station en vue.

Dans le pire de cas nous arrêterons quelqu’un et lui siphonnerons un litre ou deux en le menaçant d’un tendeur, seule arme à notre disposition.

Quand soudain la providence nous apparaît!

Sous la forme d’un jeune garçon dodu dans une sorte de Bagdad café qui nous dépanne de trois litres de 95, en prenant une petite marge, mais c’est de bonne guerre et en plus on n’a pas trop le choix à part si on pousse nos scooters, ce qui serait, admettez, le comble du ridicule.

La nuit s’annonce, il nous faut un gîte, Beluran, petite ville au bord d’un bras de mer, chargé de moustiques, nous hébergera. Les 25 derniers kilomètres combinent plantations de palmiers et soleil tirant sa révérence. C’est beau !

Sur le bord de la route un chien lorgne un petit tronc d’arbre qui git au milieu de la voie. Le tronc d’arbre à la taille d’un gros chien. En fait c’est un varan. Qui à tiré sa révérence comme le soleil, mais lui en se faisant écraser la tête par une auto.

Le chien se prévoyait un buffet. Espérons qu’il ait fait gaffe en traversant.

Beluran enfin. Le soleil se couche, timing parfait. Cherchons le Lily Motel qui nous guide depuis une demi-heure. Il est indiqué tout le temps, mais pour le trouver c’est plus sportif.

Nous y parvenons enfin. Une table à l’entrée d’un immeuble. Trois jeunes servent d’hôtes d’accueil. Une pancarte informe que de 8h du matin à 17h, il faut s’adresser au car-wash.

Claire va visiter, c’est plus cher que l’hôtel d’à côté, où nous allons finalement nous écrouler, heureux et un peu sur les rotules.

Bonne nuitée, demain nous allons faire des bisous à des Orangs-Outans. D’ailleurs pour votre culture générale, en Malaisien, Orang veut dire personne, et outan des forêts, mais ça c’est à confirmer. Voilà, je peux m’endormir l’esprit serein car vous vous coucherez encore plus malins !

vendredi 25 janvier 2013, il est 20h, l’heure idéale pour vous narrer notre journée qui se termine.

Nous sommes à Sukau, au milieu de nulle part.

Un nulle part où n’arrive qu’une route et où il n’y a pas de sortie.

Au milieu de 45 kilomètres de plantation de Palmiers, à huile.

Dans un backpacker.

Oui je vois vos yeux frétiller d’impatience…

Un backpacker au milieu de rien n’est-ce pas encore une folle aventure qui nous sera narrée plus loin ?

C’en est une mais il va falloir, pour en saisir le bonheur pur qu’elle contient, vous relater par le menu la façon extravagante qui nous a menés en ce lieu.

D’Orang-outan il était question ci-avant, aussi, car ces bestioles sont matinales comme des personnes du troisième âge, nous levons nous tôt. Rituels du matin classique, un petit pipi l’œil torve, de l’essence, un petit dej’ inquiétant (si vous voulez savoir pourquoi le petit dej est inquiétant, les 6 premiers à me poser la question auront la clé du mystère, les autres peuvent se rhabiller, et je serais inflexible !), brosse à dent, fixation des sacs, assouplissements et pêt-pêt-pêt ! c’est parti mon kiki.

La route est sympa, nous faisons notre possible pour être à l’heure des singes, et arrivons enfin à Sepilok, dans la réserve.

Là mon bougre, ça change de nos dernières expériences. Il y a plus d’Americanos (terme générique Philippin pour désigner des non-asiatiques pour ceux qui ont mal repassé leurs leçons) que de locaux.

Et pas de bol Mimine, nous arrivons trop tard, faudra repasser à 15 heures, soit dans trop longtemps pour nous.

Aussi sans coup férir enfourchons nous nos désormais mondialement connus chevaux de feu, et poursuivons notre périple. En faisant demi-tour.

Direction le sud où notre objectif final n’a pas changé, Tawau, petit port de pêche où un pêcheur breton nous emmènera sur l’île du diable la bien nommée…

Ah non là je me goure d’histoire.

Mais Tawau quand même, que nous ne comptons pas atteindre avant dimanche, parce qu’on est cons certes, mais pas cons.

Il fait chaud alors nous nous arrêtons sur le bord de la route ou un gars prépare du sirop de canne à sucre. Une machine qui broie les pousses, des glaçons et c’est servi.

Il est sympa comme tout. Et bavard. Et face à la vallée, jolie. Et il est fier de cette vallée où poussent des palmiers. C’est génial, ça fait de l’huile pas chère. Et bonne. Apparemment le fait que cette huile soit considérée comme dangereuse dans notre vieille Europe n’est pas parvenu à ses oreilles.

Nous y remédions comme des parents cruels qui expliquent à leur moutard que le Père Noël n’existe pas.

Et on papote, le temps de finir nos verres. Salut l’ami tu es sympa.

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Quelques kilomètres plus loin, une ville : Kota Kinabatangan.

On se dit qu’on pourrait poser les rames pour la journée si il y’a un hôtel/motel/B&B/Backpacker. Et nous arrivons pour la sortie des écoles. C’est trop mimi :

Des centaines de jeunes garçons en uniformes (pantalon de toile bleue marine, chemise blanche avec leur nom dessus, cravate bleue marine) et des centaines de jeunes filles en uniforme (robe longue et blanche, pantalon bleu marine, voile blanc et noir avec leur nom dessus) qui patientent sur le bord de la route qu’un parent, un ami ou un bus les ramènent chez eux pour leur collation du midi.

Collations que nous prenons également par solidarité avec cette belle jeunesse pétillante.

Et cherchons un hôtel/motel/B&B/Backpacker.

Nibe !

Pas grave, comme le dit le sage, il faut toujours avoir un plan B. Le notre est simple : on a qu’à continuer, il est tôt.

Sur la carte que nous a fourni l’office du tourisme de KK, figure d’autres points d’intérêt, des caves avec des hirondelles qui font les nids les plus purs de Bornéo avec leur salive (paraît que ça se mange), des chauves-souris, et à proximité, des animaux volants comme des oiseaux ou des écureuils, des rampants comme des serpents super dangereux et subjuguants de beauté fatale ou des gros lézards comme celui qui était aplati sur la route hier, des bêtes à poils comme des tigres nains ou des rhinocéros… bref de quoi se faire plaisir comme quand il y a du Tiramisu au dessert !

L’un de ces points d’intérêt est sur notre route, l’autre non.

Comme on est un petit peu croustillant, nous optons pour la solution du détour. Seulement 35 km, ça va. Oui et puis faudra revenir mais bon.

Et c’est ainsi que la fleur au fusil nous nous engageons sur une jolie voie rapide, peu pratiquée, quelques camions, quelques 4×4, et quelques vans à touristes.

Et, à perte de vue des plantations de Palmiers.

Mais qu’ont-ils fait de la forêt ?

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Après 35 km de palmiers (qui justifient les camions chargés jusqu’à la gueule (si tant est qu’un camion ait une gueule, une beauté je ne dis pas non, mais une gueule…) de fruits de ces derniers), un îlot. Oui braves gens un îlot de ce qui existait avant ici.

Des arbres, grands verts, feuillus qui abritent un sanctuaire. Le sanctuaire des animaux précités. La forêt de Bornéo. Ou ce qu’il en reste.

Oh ce n’est pas gigantesque il est vrai, et cela n’a pas l’air de déchaîner les foules. La maison du gardien résonne des bruits de la télé, et mériterait un rafraîchissement (nous aussi). Personne ne s’intéresse à nous ce qui nous laisse le temps de nous renseigner tous seuls.

Bon le budget est trop énorme pour nous, mais au moins on a vu des photos de tous les participants potentiels. Et tant qu’on y est continuons, il y a sur la carte de l’office du tourisme un point qui nous hébergera pour la nuit.

Le coup de la panne d’essence potentielle est mieux gérée ici qu’hier, des vendeurs de carburants au noir sont sur le bord de la route, avec des pancartes. Avec marqué: carburants au noir.

On recharge et visons Sukau.

Nous nous arrêtons dans un endroit qui se présente sous le nom de backpacker, et qui possède des bungalows dernier-cri. Pas pour nous. Allons au village. Ah, nous l’avons passé.

Sukau en fait est un petit village très mignon. Une dizaine de maisons pauvres, une école, une épicerie, des jeunes sur des mobs. Au bord d’un bras de rivière choupet.

Ok mais pour se loger ?

Il y a plein de Bed & Breakfast et de pensions. Qui sont, à l’image du backpacker de tout à l’heure des lodges à touristes. La formule est dîner, nuit, breakfast gratis, river cruise… avec possibilité de faire moyennant un petit supplément, une night river cruise ! Et les tarifs sont alignés. Trop bien mon cousin.

Ceci explique les vans à touristes sur la route, reste le mystère des 4×4…

Il est 16h et l’idée de se taper 2 heures de route jusqu’au prochain bled normal nous défrise vaguement. Soyons fou ce soir nous serons des nababs. On retourne au premier lieu (celui qui se présente sous le nom de backpacker. D’abord pour son nom (on a des sacs à dos) et en plus il est plus récent et plus confort, tant qu’à faire dans le fortuné hein !?).

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Il est vide, on s’installe, on va faire un tour.

La rivière au soleil couchant est terriiiiiblement romantique et bucolique et nous emplit le cœur d’une douce chaleur, pendant qu’une aigrette chope des poissons comme un ninja vous estourbit. Rajoutez un arc en ciel et des dauphins qui sautent et vous obtenez le must en carte postale pour adolescentes en fleurs.

Le dîner à est à 18h30. Et nous sommes rappelés à l’ordre pendant que j’ablutionnais.

Entre-temps les lieux se sont remplis. 16 personnes en nous comptant sont là. Un buffet avec, oh surprise ! Du riz, du poulet, des trucs verts. Et Oh surprise pour de vrai : des pommes de terre !

Les autres personnes, sont des touristes débarqués là par différents tour-operators.

Certains arrivés la veille et faisant la formule de deux jours, avec deux nuitées et cadeau: la night river cruise.

D’autres, soit deux anglaises épuisées bien que jeunes (les jeunes d’aujourd’hui, c’est vraiment des feignasses), un couple de coréens entre deux âges qui se parlent froidement (mais c’est peut-être la langue qui veut ça) et un couple de vieux japonais (ils ont bien soixante piges), qui sont à table à côté de nous et ont l’air de se connaitre un peu, mangent rapidement, et ne profitent pas du calme des lieux. Et pour la bonne raison, mesdames et messieurs les jurés, que leur temps est compté…

Oui, car vers 19h15, l’on vient leur dire que leur chauffeur les attend. La chance! ils ont une excursion en plus ? Non, ils prennent la route pour rejoindre leur prochaine étape.

Les tours.

Les tours bogartent le tourisme dans ce coin. Il est rare de trouver des touristes ailleurs que dans ces programmes de tour organisé.

Tous les endroits où nous avons dormi jusque là (en dehors de KK), n’accueillaient que des locaux.

C’était incroyable de vivre cela.

Ça sera notre expérience de « faire les choses comme les gens ». Et même si cela peut en surprendre plus d’une (oui les mecs font leur blasés, donc ils nieront jusqu’à la mort d’avoir été surpris, ne perdons pas notre temps en palabres vains et creux), nous avons aimé ça !

Le luxe de la chambre ou aucun mur ne porte de peinture écaillée, la réapparition du couteau sur la table, le verre en verre et la bière vraiment fraîche, les conversations palpitantes (vous avez pris quelle formule vous ? chez nous ça s’appelle des maringouins), deux serviettes moelleuses dans la salle de bain propre et avec un miroir, un ventilo au plafond qui ne couine pas en vitesse lente… Nous sommes des enfants de bourgeois après tout, y’a pas de mal à aimer ça.

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Du coup nous nous sommes demandé si nous n’allions pas changer nos plans pour la suite de notre voyage.

Car quand même si on réfléchit à notre mode de vie actuel:

-        On est couverts de poussière le soir en descendant de nos mobs,

-        On se prend des douches de temps en temps quand les nuages lâchent leur eau sous forme de lancer de seaux,

-        On galère (spéciale dédicace aux ados) parfois à trouver un hébergement, ou un hébergement où nos nuits sont sereines,

-        On fait des expériences culinaires dans des boui-bouis locaux,

-        On rencontre souvent des blattes grosses comme un pouce derrière la bassine noircie par l’âge qui sert de chasse d’eau,

-        On passe à côté de la faune préservée (bon mais ça même les clients des tour-operators reviennent parfois brocouilles) pour des raisons budgétaires,

-        Parfois on ne sait pas ce qu’on va faire le lendemain, et ça nous stresse un peu

Bref la vie de Bohème n’est pas rose tous les jours. Si nous nous laissions porter un peu, histoire de souffler, de se faire bichonner par des autochtones souriants et affables ?

C’est vrai que c’est tentant!!

Mais les blattes on leur donne des noms et c’est nos copines (le temps de la douche parce que ça manque un peu de conversation), et puis :

-         on s’arrête quand on veut, et où on veut,

-        on croise en sortant d’un virage une famille de petits singes qui nous regardent avec leurs yeux ronds et que nous regardons avec nos yeux ronds, parce qu’on a le droit de s’arrêter,

-        on n’a pas à supporter la clim’ ni les conversations de Nicole Martin, qui vient de Le Château dans le 47 (je ne savais pas que ce département existait en vrai)

-        on peut changer d’itinéraire à loisir,

-        on croise des gens qui ont une vie qui n’est pas liée à notre contentement,

-        et merde, on se marre bien ! Et c’est ça qui compte !

Donc les tours, si vous voulez, juste ce n’est pas notre tasse de thé, nous nous aimons, je le rappelle et on en a déjà bien parlé à notre psy truand, les situations compliquées et improbables. Au moins elles nous permettent de vivre. Et c’est notre richesse.

Cela étant dit il est maintenant 21h30, je crois qu’il est temps que je vous lâche la grappe avec mes élucubrations et que j’aille écouter les bruits de la nuit dans ce tronçon de Bornéo où respirent encore des arbres libres.

Salut Camarades !

PS: oui et les 4×4, ils servent à quoi?

Filed by aureletclairevoyagent at janvier 26th, 2013 under Malaisie - Bornéo, Là c'est du concret, la route

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