Navigation | Un village de pêcheurs en Thaïlande ? Non, pas Pattaya, c’est pourri. Putalay c’est nettement mieux.

Un village de pêcheurs en Thaïlande ? Non, pas Pattaya, c’est pourri. Putalay c’est nettement mieux.

Aurel vous parla tantôt de cette plage magnifique qu’une poignée de bungalows surplombait et où une famille Thaï férocement affamée nous traitait comme des prostituées durant deux jours. C’est le genre d’endroit, avec Palian, dans lequel nous n’étions pas supposés mettre les pieds un jour. Mais le hasard, la volonté de ne pas faire le tour des stations balnéaires de Thaïlande, et notre amour de l’aventure et de l’imprévu nous a menés dans ces endroits infréquentés, improbables, inviolés par les hordes de blancs en quête d’acides et de fêtes au Malibu ananas sur la plage.

Notre voyage n’est pas fait que de ces moments où l’on se demande comment on a bien pu faire pour atterrir dans un trou aussi magnifique, heureusement. Il est aussi fait d’étapes relativement insignifiantes, mais somme toute pittoresques.

Aujourd’hui, je vais vous parler de la première alternative.

Car lors de notre départ de Chonburi, étape relativement insignifiante dans une grande ville sans réel cachet, nous ne savions pas du tout où nous allions atterrir. Forts et fiers de nos 240 km de la veille, ce qui sur une carte de la Thaïlande n’est pas grand-chose mais quand même, nous nous dîmes que nous ne voulions pas forcer notre colonne vertébrale à faire une nouvelle fois des affaissements sur la selle de nos fidèles destriers, et qu’une fois la mer retrouvée, nous nous installerions dans un bungalow dans une pinède, et une famille Thaï nous mettrait des poulpes dans la bouche de gré ou de force.

Après quelques kilomètres arbitraires parcourus à droite de la route principale qui mène au Cambodge, nous arrivons dans un village. Tout de suite, l’ambiance est différente de tout ce qui a été expérimenté jusqu’à présent. Nous sommes dans un vrai village de pêcheurs. Pas Saint Trop, pas Brest, pas Singapour. Un village de pêcheur comme on croyait qu’il n’en existait plus. Des maisons en teck qui font penser à des saloons, de toutes petites rues où les voitures (quelles voitures ?) ne circulent pas, des bonnes femmes qui vendent du poisson dans des bassines remplies de glace, un endroit confiné où les tôles viennent fricoter avec le bois sur des pilotis au-dessus de l’eau.

Paknam-Prasae-Putalay-homestay

L’endroit est impensable. Aucune chance que l’on trouve un hôtel ici. Vu que nous sommes obstinés en plus d’être aventuriers, nous tentons quand même notre chance. Qui sait ?

Oui, nous avons raison. Homestay apparait sur une affiche avec une flèche à droite. Allons voir. La maison donne sur une rivière, est magnifique toute de turquoise et de teck, mais le prix de la chambre de nous permettra pas d’y séjourner. Le propriétaire ajoute qu’il existe d’autres maisons qui fonctionnent ainsi, mais qu’elles demandent toutes le même prix.

Obstinés ? Et comment ! Nous poursuivons notre quête. Pas pressés, les lardons, il est 15h. Si nous ne trouvons pas ici nous trouverons plus loin.

Il nous suffira de parcourir 300 mètres pour tomber sur une petite Thaïlandaise potelée qui nous proposera une chambre au même tarif que son prédécesseur, puis baissera spontanément de 250 baths, soit parce qu’on est marrants avec nos scoots malaisiens, soit parce qu’on est Français, soit parce qu’elle trouve Aurel séduisant, soit parce que ça fait 3 mois qu’elle n’a pas eu de visiteurs, soit parce qu’on est du prestige, nous ne le saurons jamais. Toujours est-il que tout à coup, une chambre sur pilotis au-dessus de la rivière, une maison immense et une terrasse merveilleuse dans un vrai village de pêcheurs Thaïlandais (qui portent tous le pantalon, preuve que c’est authentique) nous ont tendu les bras et nous nous sommes jetés dedans.

Paknam-Prasae-Putalay-homestay-2Paknam-Prasae-homestay-Putalay 

Visitons les environs. La seule attraction « touristique » du coin est un truc plutôt cool puisque c’est un ancien navire de la marine Thaïlandaise durant le seconde guerre mondiale pris dans le sable dans lequel on peut monter, que l’on peut parcourir presque sous tous les angles, jouer à la guerre grâce aux mitraillettes et aux lance-obus, et inspecter les trous de balles de l’armée japonaise.

Paknam-Prasae-bateauPaknam-Prasae-bateau-guerre Paknam-Prasae-attractionPaknam-Prasae-bateau-soutes

Nous pouvions descendre un peu plus bas dans les soutes mais j’ai fait ma Monique, Aurel m’a traité de fiotte mais je m’en fous, j’assume, je ne descends pas dans des cales sans lumières qui datent de plus de 60 ans. A la place, je me suis fait mesurer.

Paknam-Prasae-bateau-sable

La Thaïlandaise potelée, nommée Pu (prononcez Pou), parle assez bien anglais, nous traite comme des rois, nous sert de l’eau et des glaçons, nous fait goûter « ses » mangues, nous conduit dans le meilleur restau de soupes de nouilles du village, puis nous laisse béats, heureux par la force du hasard et le coucher de soleil que nous admirons en sirotant deux grandes Chang bien fraîches.

Paknam-Prasae-coucher-soleil

Car le voyage, c’est avant tout ça.

L’envie est forte : Nous ne ferons pas de ce village une étape. Nous voulons voir plus, plus longtemps. Restons une deuxième nuit.

Oui, forcément, une chambre sur pilotis surplombant une rivière c’est charmant, romantique, mais cela veut aussi dire qu’à 6 heures le matin, tout le monde part ou rentre de la pêche, prépare la tambouille, ponce son parquet et coupe des planches pour ne pas que sa maison se noie. Oh, ça fait partie du paysage, donc subissons.

Après un petit dej maison qui vous tient le ventre pour au moins 6 bonnes heures, nous partons visiter une mangrove sur des planches de bois.

Paknam-Prasae-mangrove

Puis il fait vraiment trop chaud, sieste.

Nos cervicales nous disent merci.

Puis allons à la plage, il parait qu’il y en a une dans le coin.

Paknam-Prasae-plage

En fait non, c’est trop loin.

Mais il y a un marché !!

Quelle joie, les marchés Thaïlandais ! Que de victuailles, de nouvelles trouvailles, des coings roses, des œufs de caille frits, des vermicelles verts, des chanteuses Thaï qui essaient d’imiter Lady Gaga… Et tous ces gens interloqués par notre présence qui se marrent dès qu’on les regarde, qui se font des blagues, qui nous disent timidement « hello » et qui gloussent la seconde suivante, qui nous touchent pour savoir si on est bien réels !

Cela nous permettra d’acheter notre repas du soir, toute cette agitation.

Voilà.

Paknam-Prasae-ombres

L’improbabilité a encore frappé.

Et nous avons encore passé des moments mémorables.

Et ce n’est pas fini.

Nous n’en sommes même pas à la moitié.

Filed by aureletclairevoyagent at mai 6th, 2013 under Thaïlande, Là c'est du concret, la route

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