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Ko Chang animal project : Bénévolat animalier en Thaïlande

Pour ceux qui ne le savent pas, dans « la vraie vie », je suis assistante vétérinaire. Et c’est vrai que depuis quelques semaines, l’envie d’embêter matous et toutous m’a chatouillé les doigts. L’occasion s’est présentée à Ko Chang, dans la demeure et clinique de Lisa, une américaine qui a établi ses quartiers dans le coin depuis 2001. Elle a créé le Ko Chang Animal Project toute seule, avec ses petites mimines, et ça continue.

Ko-Chang-animal-project-Lisa

Et ça marche.

Le problème : La Thaïlande a un souci sanitaire à régler avec ses animaux errants. Où que vous soyez, et particulièrement sur les plages, vous verrez des meutes de chiens en piteux état, bourrés de dermatites, qui se grattent jusqu’au sang, qui n’ont parfois plus que trois ou quatre poils, et qui peuvent transmettre leurs parasites aux autres animaux domestiques, parfois même aux humains. Ajoutez à cela les cas possibles de rage, les combats de chiens (aucun n’est stérilisé naturellement), les femelles en gestation deux fois par an, plus la population des chats (qui sont majoritairement FIV positif) qui s’accroit encore plus vite que celle des chiens… Et vous avez un vrai problème qui à terme va certainement conduire à des euthanasies abusives lorsqu’un enfant se fera attaquer et que le gouvernement Thaïlandais se sera réveillé trop tard.

Ko-Chang-Animal-Project-Chien-Errant

Pourtant, la Thaïlande est un pays assez friand d’animaux de compagnie. Tous les animaux ne sont pas errants, loin de là. Il n’est pas rare de croiser des bichons, des caniches, des chihuahuas au bout d’une laisse en strass. Mais en matière de prophylaxie, les vétérinaires du coin ont du boulot devant eux.

A Ko Chang, si vous vous promenez sur la plage, dans les rues ou dans la jungle et que vous êtes attentifs aux animaux, vous noterez surement quelque chose : Ici, les animaux appartiennent tous à quelqu’un. Ils ont tous un collier ou un territoire assigné. Et ils ont tous quelque chose en commun : Ils ont un maître.

Ko-Chang-Animal-Project-Propriétaire

Leur état général est nettement meilleur que partout ailleurs en Thaïlande. Mais il y a encore du boulot.

Ko-Chang-Animal-Project-Consultation

Lisa travaille donc depuis 12 ans dans sa clinique pour stériliser les chiens et les chats errants de l’île. Elle offre des consultations gratuites aux habitants qui le souhaitent, vaccine, prévient des dermatoses, vermifuge, tous les jours depuis 12 ans.

Et cette américaine anciennement instructeur de plongée sous-marine porte ça toute seule sur ses petites épaules.

Enfin toute seule.

Non, pas vraiment.

Car en plus d’aider les animaux, elle emploie des jeunes thaïlandais de Ko Chang pour leur apprendre le métier d’assistant. Et elle accepte avec plaisir l’aide de voyageurs du monde entier qui veulent donner une ou deux journées de leurs vacances pour s’occuper de socialiser les chatons, nettoyer les cages, faire des caresses aux chiens et donner à manger au cochon.

Ko-Chang-Animal-Project-Chien-Chat

Naturellement, elle accueille également les vétérinaires et les assistantes qui voudraient lui donner un coup de main médical.

Ko-Chang-Animal-Project-Vétérinaire

C’est donc ainsi que j’ai fini chez Lisa, l’assistant durant une journée dans ses tâches quotidiennes. C’est une femme forte, décidée, au cœur immense. Elle a un regard très objectif sur ce qu’elle fait pour ces animaux et pour Ko Chang. N’allez pas croire que vous allez avoir à faire à une folle-dingue collectionneuse de chats. Consciente des réalités du pays et de ses habitants concernant les animaux de compagnie, elle pense avant tout à l’aspect scientifique avant de sombrer dans le pathos affectif. Même si elle parle à ses animaux, mais qui ne le fait pas ?

« Mais comment finance-t-elle tout cela ? », vous demandez vous. Elle a apporté la somme de départ. Tout le reste fonctionne grâce aux dons des locaux et des internationaux. Mais attention à l’appellation « don ». Bien sûr, il lui faut de l’argent, ne serait-ce que pour vivre et payer ses employés. Mais ce dont elle a le plus besoin, c’est de matériel.

En arrivant dans sa clinique, je me demandais bien à quelle sauce j’allais être mangée. Dans quelles conditions les animaux sont-ils opérés ? De quel matériel dispose-t-elle ?

Ko-Chang-Animal-Project-Clinique

Naturellement, vous n’entrerez pas chez elle avec les mêmes attentes qu’en entrant au CHUVA. Pas de salle de consultation avec des balances électroniques et des tables de consultation électriques. Pas de radiologie numérique, pas de radiologie du tout, d’ailleurs. Mais la base : un chenil tout à fait décent et propre, une salle de chirurgie équipée pour réaliser des chirurgies de convenance, des instruments, des gants, des champs, le tout stérile, du Vicryl, de l’Atropine, du Zoletyl, de la bétadine, des liens, et ses petites habitudes médicales, comme dans toute clinique vétérinaire Française qui se respecte. Elle possède même un glucomètre, des bandelettes urinaires et un microscope. Elle pose des microship à tous ses patients endormis. Tout cela lui a été offert.

Par les laboratoires.

Par des vétérinaires.

Par des voyageurs aisés.

Seulement, la grande majorité de ce qu’elle possède est appelé « consommable » dans notre jargon. Cela veut dire que les stocks ne sont pas illimités.

Alors pourquoi je vous parle d’elle ?

Cela ne s’adresse bien sûr pas à tout le monde. Surtout à mes collègues de travail et les partenaires des cliniques.

Si vous allez en Thaïlande un de ces quatre, je vous recommande vivement de passer par Ko Chang avant d’aller danser sur les dance floor de Phuket. Et si vous passez par Ko Chang, je vous invite très vivement à passer dire bonjour à Lisa.

Si vous avez du matériel (consommables ou autres) en trop toujours en état de fonctionner qui puisse être facilement envoyé en Thaïlande, je vous demanderai de bien vouloir me contacter.

Et surtout si Pfizer avait la gentillesse de faire un geste et de faire découvrir à Lisa ce merveilleux produit qu’est le Convenia, qui serait parfait aussi bien pour les animaux errants malades ou blessés que pour les animaux domestiques dont les propriétaires ne veulent pas donner de traitement, son travail ferait un joli bond en avant. Je sais que ce produit est monstrueusement cher, qu’il doit être transporté et conservé au frais, mais si Pfizer avait quelque moyen de lui faire parvenir un flacon, elle qui n’a jamais vu de Convenia de sa vie, sa reconnaissance serait totale.

Je trouvais que son travail méritait d’être souligné.

Ca n’est toujours qu’une goutte d’eau, mais qui fera peut-être déborder le vase.

Et qui fera peut-être prendre conscience à la Thaïlande qu’un chien errant en très mauvais état sur une plage n’a rien de décoratif.

Plus d’infos ici : http://www.kohchanganimalproject.org/

Filed by aureletclairevoyagent at mai 11th, 2013 under Thaïlande, Là c'est du concret, la route

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